Cusco et Machu Picchu

ruinsx

Nous voilâ enfin au Pérou, pays qui hantait mes rêves depuis les Aventures Tintin et le Temple du Soleil. Pays légendaire des Incas, des lamas et autres condors.

Nous sommes arrivés épuisés à Cusco, après avoir passé plus de 34 heures dans les avions et aéroports, nous avons posés nos sacs à dos au Wild Rover, une guesthouse tenue par une bande de joyeux irlandais. Anne-Marie pouvait enfin se sentir chez elle à nouveau. Paysages du Connemara accrochés au mur, peintures représentant les rues de Dublin et Guinness au fût, pas de doute, nous sommes bien revenus en Irlande le temps d’un week-end.

Thomas prend quelques minutes sur Internet pour vérifier le cours Dollars/Soles avant d’aller échanger nos billets en rue. C’est alors qu’il tombe sur cet article de journal publié quelques heures plus tôt sur un site de presse : « Trois policiers abattus par balles au Terminal 2 de l’aéroport de Mexico City la nuit passée »

Police Mexico City Airport - Photo credit AFP

C’est précisément là, dans un des nombreux fast-foods du Terminal 2 de l’aéroport de Mexico City, que nous avions attendu pendant 6 heures notre vol pour le Pérou la nuit précédente. Les faits se sont déroulés à 5h30 du matin, le départ de notre vol était à 2h30. Bref, on l’a échappé belle. Enfin, j’exagère sans doute car c’est plutôt envers les policiers que les trafiquants de drogue en avaient. Quand bien même, ca fait froid dans le dos de savoir que ça aurait pu se produire sous nos yeux.

La seule crainte que nous avions au sujet du Pérou, c’était le mal d’altitude. En effet, nous passons en quelques heures du niveau de la mer à plus de 3000 mètres d’altitude. Beaucoup de touristes souffrent du mal d’altitude dès les premières heures passées à Cusco et cela peut être extrêmement dangereux, entrainant par exemple un grave œdème cérébral.

Cusco

Heureusement cela s’est bien passé pour nous apres avoir suivi les recommandations des guides de voyage : boire beaucoup d’eau, éviter l’alcool le premier jour et mâcher des feuilles de coca. La même feuille de coca servant à produire l’une des drogues les plus populaires au monde, la cocaïne. Mastiquée par les Amérindiens depuis des millénaires, la feuille de coca est réputée pour ses vertus: elle calme, dit-on, le mal d’altitude, la faim et même améliore l’endurance.

L’Organisation mondiale de la santé classe pourtant cette substance sur la liste des produits addictifs. Et en 1961, la convention unique sur les stupéfiants des Nations unies a déclaré la culture de coca universellement illégale, exception faite pour quelques cultures à usage traditionnel en Bolivie et au Pérou. Or, comparer la feuille de coca a la cocaïne, c’est comme comparer le raisin au vin. Si vous mangez beaucoup de raisin, vous ne serez pas ivre. L’importance de la feuille de coca dans la culture andine est difficile à estimer. Nous avons lu dans notre guide qu’elle était considérée comme sacrée par les peuples Aymara, Quechua et Guarani depuis plus de 5000 ans. Son avantage principal, c’est qu’elle stimule la circulation de l’oxygène dans le corps. Vous ne verrez pas un mineur bolivien aller à la mine sans son gros sachet de feuilles de coca. C’est indispensable parce que la quantité d’oxygène est très faible sous terre.

Coca Thé

En raison de toutes ces propriétés de la coca, il existe un gigantesque marché potentiel pour ce produit. L’argument des Etats-Unis est de dire que la production nationale dépasse la quantité nécessaire pour la consommation domestique et que donc cette surproduction alimente le narcotrafic. Mais une des raisons pour laquelle cet excédent est transformé en produits narcotiques, c’est qu’il n’existe pas de marché international légal pour la coca. La seule compagnie qui est autorisée à faire une utilisation commerciale de ce produit est une entreprise qui pèse plusieurs millions de dollars, Coca-Cola… Tiens, tiens..

Durant l’après midi, et après s’être restaurés d’un Irish Stew et d’une Sheppard’s Pie, deux des principaux plats nationaux irlandais, nous avons fait la rencontre de quelques autre routards au sein de l’auberge, dont Martin, un Australien en voyage pour 6 mois en Amérique du Sud. Martin n’était pas le dernier pour faire la fête et après une longue nuit bien méritée, nous avons passé la soirée du lendemain (thème : années 80) en sa compagnie. Ca nous a fait du bien après les 3 semaines « studieuses » passées au Nicaragua.

Le lendemain, et malgré notre légère gueule de bois, nous sommes partis en direction du centre-ville.

Plaza de Armas

Cusco fut longtemps la capitale des Incas. La ville est maintenant une des bases touristiques principales du pays, les agences de voyages offrant différents tours, treks, après-midi rafting, etc.. sont partout.

Mère portant son enfant sur le dos

Quelques photos et un café plus tard, nous passons au marché local afin d’y acheter des vêtement chauds. Hé oui, bien qu’il fasse relativement bon la journée (entre 20 et 25 degrés), les températures baissent de 15 degrés une fois le soleil disparu derrière les collines entourant la ville. Autant dire qu’il fait très froid ! Bonnet péruvien pour Thomas et pull de Noel pour Anne-Marie. Nous sommes parés pour ce qui nous attend le lendemain : notre deuxième « Merveille du Monde » après le Taj Mahal : les ruines du Machu Picchu.

Nous avions réservé les billets environ deux mois plus tôt sur Internet. Ils partent comme des petits pains, surtout ceux comprenant la montée du Huyana Picchu, la montagne que l’on voit à l’arrière-plan sur toutes les photos du Machu Picchu. La visite du Machu Picchu est limitée à 2500 personnes par jour et seulement 400 billets sont émis pour la montée du Huyana Picchu. Un vrai sésame donc que nous avions pris soin de nous procurer à l’avance. Le soir venu, nous préparons notre sac pour les deux jours à venir. Nous ne prendrons que l’essentiel avec nous, dans nos petits sacs à dos, et laisserons nos gros sacs à la guesthouse.

Le lendemain matin, nous prenons un « collectivo », ces minivans locaux bien utiles pour passer d’une ville à l’autre. Pour 10 soles par personne (environ 3eur), nous rejoignons la ville d’Ollantaytambo dans la Vallée Sacrée. Le trajet est d’environ 1h40 mais en raison d’un blocage de route à l’entrée de la ville, nous manquons de peu notre train. Plutot que de rester bloqués dans le minivan à attendre que la route se dégage, nous avons courru jusqu’ à la station de train, située à l’autre coté de la ville. Et bien nous en a pris car 10 minutes plus tard, le train serait partis sans nous.

Le trajet d’1h30 en direction du village d’Aguas Calientes, le point de départ de la montée vers le Machu Picchu, était très agréable dans ce train aménagé spécialement au moyen de fenêtres aux plafonds, afin de bénéficier d’une vue complète sur les montagnes environnantes.

Nous arrivons à Aguas Calientes en fin d’après-midi, et allons poser nos sacs à l’hôtel réservé quelques jours plus tôt depuis le Costa Rica.

Le village d'Aguas Calientes

Il y a beaucoup de monde dans les rues et les restaurants utilisent toutes sortes de techniques pour appâter les clients telles que happy hour « 4 pour le prix d’1 » ! Nous allons en vitesse acheter nos tickets de bus pour la montée vers les ruines du lendemain matin, ainsi que quelques petits pains et des tranches de fromage pour faire des sandwichs. Nous terminons la journée dans un petit restaurant local, faisons quelques parties de Jenga, avant d’aller nous coucher.

Réveil à 4h30 du matin. Les premiers bus partent à 5h30, heure de l’ouverture du pont. Apres avoir pris notre petit déjeuner en vitesse, nous arrivons à la gare des bus vers 5h00. La file est déjà bien longue, plus de 200 personnes nous précèdent. Une demi-heure plus tard, nous embarquons dans le cinquième ou sixième bus et y faisons la rencontre d’un couple d’anglais de Manchester. Le temps de raconter nos différentes expériences et d’échanger nos adresses email, nous sommes déjà arrivés à l’entrée, Il faut encore faire la file mais Thomas s’en fout, prend Anne-Marie par la main, et passe par le coté. Qui ne tente rien n’a rien. Ca marche et on se retrouve parmi les premiers à passer le poste de vérification tickets/passeports.

Il est environ 6h et il fait encore un peu sombre. Cent mètres plus loin, nous distinguons les premières ruines.

Nous préférons alors prendre de la hauteur et grimpons une cinquantaine de marches afin d’avoir une meilleure vue. Une fois en haut, le spectacle est saisissant. Nous y sommes, les ruines du Machu Picchu. Apres les avoir admirées des dizaines et des dizaines de fois en photo et ou vidéo, elles se dressent fièrement face à nous.

Les premiers rayons de soleil apparaissent enfin derrière la montagne mais il fait encore fort sombre. Thomas peine à trouver les bonnes fonctions sur son appareil photo afin de faire ressortir au mieux les ruines dans l’obscurité.

Nous prenons une bonne trentaine de photos avec nos deux appareils. Portraits, panoramiques, etc… puis trouvons un petit coin caché afin d’y prendre notre petit déjeuner (sandwiches au fromage préparés la veille, accompagnés d’une bouteille d’Inca Cola) sans se faire repérer (il est interdit de manger sur le site).

Il est presque 7h du matin et il est maintenant impossible de prendre le site en photo sans avoir au moins trente touristes en arrière-plan. Nous décidons donc d’aller faire un tour dans les ruines du temple du soleil. Nous croisons même quelques lamas en route. Nous décidons ensuite de commencer l’ascension du Huyana Picchu. Apres avoir passé le check point, inscrit notre nom et pays dans le registre, nous débutons la montée. Ca grimpe lentement durant les 15 premières minutes, puis cela devient très raide, escarpé et donc beaucoup plus exigeant.

On peut clairement voir sur le visage de certains qu’ils regrettent leur décision et que cela leur prendra plus de temps qu’initialement prévu. Parfois, lorsque le passage est particulièrement difficile, on trouve à flancs de coteaux de petites marches taillées dans la pierre. Ainsi on gravit une sorte d’escalier totalement vertical, sur lequel il faut assurer la prise des mains autant que celle des pieds. Doux parfum d’aventure. La sueur dans les yeux, les parfums lourds, capiteux de la forêt tropicale. Et l’on se prend à rêver aux premiers explorateurs qui découvrirent le site…

Nous mettrons environ 1h15 pour arriver au sommet. La vue est grandiose et quel plaisir de ne plus se sentir oppressé par les centaines de touristes ayant rapidement pris d’assaut les ruines en contrebas. Nous sommes vraiment heureux d’avoir réussi à obtenir les tickets pour le Huyana Picchu. Nous prenons quelques photos et discutons avec un couple d’Américains.

Anne-Marie en haut du Huyana Picchu

Panorama de la vallée

En redescendant il fallait faire fort attention. C’est plus dangereux que la montée car certaines marches sont glissantes et les ravins de plusieurs centaines de mètres ne manquent pas.

Nous arrivons finalement en bas. Temps total : 2h30, en prenant bien notre temps. On décide de trouver un endroit où nous allonger, nos genoux en ayant pris un coup ! Mais les touristes sont partout et envahissent les ruines. Des dizaines de groupes de 30 japonais, américains, russes, allemands, tous portant la même casquette ou le même t-shirt. On se dit qu’on est quand même mieux à deux.

On trouve finalement un petit espace vert au soleil. On décide de s’y poser pendant une bonne heure, avant de reprendre le bus en sens inverse. Il est environ 14h00 quand nous sommes de retour à l’hôtel. Malheureusement nous avions réservé pour deux nuits, alors qu’on aurait déjà pu rentrer le jour même. Tant pis.

Nous repartons le lendemain en direction de Cusco. Une nuit supplémentaire sur place avant d’attaquer les 12 heures de bus qui nous séparent d’Arequipa…

2 thoughts on “Cusco et Machu Picchu

  1. AMazing. Definitely on my list of things to do. What happens if somebody is coming up the same time you are coming down Huyana Picchu though? Is there enough room? The steps look incredible small. :-/ Would you recommend it to someone with slight vertigo?

  2. grandiose ! et vos photos sont de plus en plus belles et font drôlement envie !

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