Au Paradis en Polynésie

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Je nous revois encore dans notre chambre à Dublin. Apres avoir placardé sur le mur une grande carte du monde achetée dans une librairie du centre-ville, nous nous étions amusés à pointer les différentes étapes de notre itinéraire sur celle-ci, à l’aide de punaises. Je me souviens de celle, isolée, au beau milieu du Pacifique, à mi-chemin entre la Nouvelle Zélande et l’Amérique du Sud.

La Polynésie Francaise.

La destination rêvée pour beaucoup, mais bien souvent inaccessible financièrement. Réservée aux stars, aux riches et aux jeunes mariés. C’est pourtant là-bas que nous avions décidé de passer onze jours après notre passage en Nouvelle Zélande. La solution: le camping et le couchsurfing. Le premier n’a plus besoin d’être présenté, quant au second, il s’agit d’un terme anglais que l’on pourrait traduire par le fait de “passer d’un canapé à l’autre“. On peut y voir également une allusion au surf sur internet pour trouver un canapé où dormir. L’image est celle du voyageur découvrant la planète et ses habitants avec le canapé comme moyen de locomotion. La participation au site est gratuite et les membres sont libres de demander l’hébergement aux autres membres. Cet hébergement repose toujours sur la gratuité du logement. Quelques semaines avant d’arriver, Thomas avait donc pris la peine d’envoyer des demandes via le site http://www.couchsurfing.org
L’idée était d’arriver à Papeete, sur l’ile de Tahiti, puis de partir directement pour les « iles sous le vent » les plus populaires : Moorea et Bora-Bora.

Le pass inter îles nous couta un peu plus de 80,000XPF soit 750eur pour deux. Il y a bien un catamaran permettant de relier Papeete à Moorea en moins d’une heure, cela revenait moins cher de prendre le pass inter-iles comprenant Moorea plutôt que de ne faire que le trajet Moorea-Bora-Tahiti en avion.

Vol a l'heure - Aéroport d'Auckland

Arrivés à l’aéroport de Papeete après un excellent vol d’environ 6heures via un Airbus A340-300 de la compagnie Air New Zealand (que l’on recommande vivement d’ailleurs, surtout pour la gentillesse du service, mais également pour leur vidéo bien drôle des consignes de sécurité). Apres les premiers pas effectués sur le tarmac de l’aéroport International de Tahiti Faa’a, la chaleur se fait sentir et la musique se fait entendre. Il est 2h du matin mais nous sommes accueillis par un petit groupe de musique polynésienne, en costume traditionnel.

Accueillis en musique a l'aéroport de Tahiti

Le collier est fleur est bien entendu de la partie pour tous les passagers du vol. Comme nous ne souhaitions pas visiter Papeete (pollué, sale, manque d’intérêt si ce n’est le marché), nous partons directement pour Moorea. Seul hic, l’avion est à 7h50 du matin. Nous passerons donc 5h dans ce minuscule aéroport où presque tout est fermé et dont le personnel est aussi sympa qu’une porte de prison. Oui, même à 15000km de là, les Français (métropolitains) parviennent à être aussi antipathiques qu’à Paris.

Nous sommes exténués mais l’excitation nous maintient éveillés. Il est 7h10 quand nous embarquons l’ATR-72 de la compagnie Air Tahiti. Direction : Moorea. Temps de vol : 7minutes.

Ca restera sans doute le vol le plus court de notre vie pour un bon moment. Qui plus est, on a le sentiment d’effectuer un vol en jet privé, l’avion étant presque vide en raison du retard du vol Air France en provenance de Los Angeles. On se retrouve à 4 dans un avion de 65 passagers.

En vol, en distingue déjà le bleu des lagons, alors que nous survolons l’ile de Moorea.

Arrivés sur place, deux solutions s’offrent à nous. Prendre le bus pour 300 Francs Pacifiques (soit 2.5eur environ) ou faire du stop. On préconise la deuxième solution en on se pose le bord de la route. Celle-ci ressemble exactement à une route de campagne française. Les panneaux sont les mêmes, ainsi que les marques au sol. Seul le décor change. Nous sommes finalement pris par un employé de l’aéroport qui nous dépose à l’Hotel InterContinental de Moorea, où nous avions rendez-vous avec notre hôtesse de couchsurfing.

Ce que nous ignorions, c’est qu’elle est employée par l’InterContinental. Nous logerons donc chez elle (à deux pas de l’hôtel) pour quelques jours, dans une chouette chambre double et avons la cuisine, salle de bains, terrasse et machine à laver à notre disposition. Bref le rêve pour pas un rond. Mais la cerise sur le gâteau c’est de bénéficier des serviettes rouges de l’hôtel, nous permettant d’avoir accès à la piscine, au bar, au lagon et à la plage privée, ainsi qu’aux chaises longues. Une chance inouïe dont on peine à se rendre compte, oubliant sans doute les mots justes pour remercier notre hôtesse.

Transparent? Vous avez dit transparent?

Apres une longue nuit de sommeil, nous partons à la plage découvrir les couleurs du lagon. Apres s’être fait dorer au soleil et s’être ballades le long de l’eau, nous décidons de louer un kayak pour 1000 Francs Pacifiques (environ 8eur) de l’heure afin de rendre visite aux raies, requins et poissons du lagon.

Le moins qu’on puisse dire c’est que nous n’étions pas déçus. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous sommes entourés de raies pastenagues et de requins à pointes noires dépassant parfois les deux mètres de long !

Anne-Marie nageant au milieu des requins

Le lendemain nous louons un scooter pour 24h afin de partir à la découverte de l’ile. Prix : 5500 Francs Pacifiques, soit 46eur. Un monde de différence avec les prix pratiqués en Asie (nous louions un scooter pour 3eur/jour à Bali, et une moto pour 10eur/jour en Thaïlande) mais grâce à la gratuité du logement, nous pouvons nous permettre ce petit extra.

Premier arrêt, le splendide point de vue du Belvédère d’où l’on peut voir le Mont Rotui encadré des baies de Cook (Baie de Paopao) et d’Opunohu. Un classique pour les visiteurs à Moorea. On rencontre d’ailleurs énormément de couples, majoritairement en lune de miel. La plupart sont américains ou japonais et il reste encore quelques européens faisant de la résistance aux nouveaux riches venus de Russie, de Chine et d’Inde.

Nous sommes ensuite redescendus vers le Lycée Agricole. Promenade en plein cagnard au milieu des citronniers, des plantations d’ananas et de papayes et des bananiers. La ballade s’est terminée par une dégustation de confitures délicieuses dont notre préférée, celle à l’ananas et à la vanille de Tahiti. Un délice.

On s’est ensuite arrêtés au magasin Champion de Vaiare, un des districts de l’ile. L’occasion de retrouver les plaisirs du fromage, du saucisson et de la rillette.

Fromaaaaaaaages

Les prix sont plus élevés qu’en France mais cela reste néanmoins correct, mis à part pour le Roquefort, le Reblochon ou encore les fromages de chèvre. Baguettes, vin rouge et charcuterie composaient le reste du panier et auront contribué à un véritable festin le soir en compagnie de notre adorable hôtesse.

Le lendemain nous avons profité de notre dernière matinée en scooter pour monter au sommet de Magic Mountain pour un nouveau panorama à 180 degrés sur le nord de l’ile. De là-haut on pouvait bien distinguer le lagon et les nuances de couleurs.

En retour, on a pris le temps de passer à La Poste déposer quelques cartes, mais également de faire tamponner notre passeport en souvenir, la douane à l’aéroport ne pouvant pas le faire sur les passeports européens. On termina la journée sur la plage à contempler un magnifique coucher de soleil, le tout agrémenté d’une Hinano, la bière Tahitienne locale.

Une bien fraiche

Malheureusement le temps passe vite et nous n’avons pas eu assez de temps avec le scooter de partir à la chasse aux légendaires perles noires de Tahiti. Commandes pour la famille et cadeaux pour d’autres, il nous aura fallu y aller à pied, après avoir, en vain, tenté l’auto-stop jusqu’au petit village.

On nous avait recommandé deux bijoutiers. Herman Pearls et Paimoana Pearls. L’accueil dans ce dernier fut exécrable, une jeune Tahitienne nous ayant vu arriver portant t-shirts/tongs, et nous ayant sans doute pris de haut, considérant que de toute façon nous ne dépenserions pas beaucoup d’argent chez elle. Afin de rester polis, nous avons quand même regardé quelques perles mais avons rapidement mis un terme à la visite. Sans doute qu’elle préfère orienter sa clientèle vers les riches américains, débarquant avec leurs sacs Louis Vuitton & lunettes de soleil Prada.

Chez Herman Pearls, par contre, nous avons eu droit à une expérience tout à fait opposée. Maryvonne, la vendeuse, Française habitant depuis plus de 12 ans en Polynésie, s’est montré d’une patience et d’une gentillesse hors du commun, facilitant grandement notre confort et notre choix. Nous avons passé plus de deux heures dans la bijouterie, à découvrir les différents montages, bagues, boucles d’oreilles, colliers et perles nues, à étudier les moindres détails : la forme, le diamètre, le lustre ou encore les nuances de couleurs. Une fois notre choix effectué, Maryvonne nous a également fait bénéficier d’une belle réduction sur le prix total. La bijouterie possède sa propre ferme perlière, leurs prix sont donc plus démocratiques que d’autres travaillant sous une même enseigne. Des certificats d’authenticité sont délivrés pour chaque achat. Bref, nous en sommes sortis ravis, tant par l’expérience humaine que par nos achats et ne pouvons que recommander.

Les deux jours suivants, nous les avons passés sur la plage et au bord de la piscine de l’hôtel, à profiter du soleil aux cotés des clients (dont certains payent plus de 1000eur/nuit pour un bungalow sur l’eau!!!), et guettant avec impatience l’Happy Hour du bar (1 acheté = 1 gratuit), de 16h30 à 17h30 (à 1400 Francs Pacifiques le cocktail, soit 12eur, je peux vous garantir qu’on les a dégustés).

Piscine à débordements à l'InterContinental

Cocktail time !

Le dernier soir, nous avons invité notre hôtesse ainsi que son fils dans un restaurant français de l’ile, afin de la remercier pour son accueil, sa confiance et sa gentillesse. Raviolis de langouste, carpaccio de thon, fondant au chocolat et crème brulée. Cela nous aura couté un bras mais comme nous avions bénéficié du logement gratuit durant 6 nuits, l’addition s’est vue partiellement amortie.

Nous partons pour Bora-Bora le lendemain matin avec le premier vol à 7h30.

6 thoughts on “Au Paradis en Polynésie

  1. Chance qu’ici, pour une fois, on a un ciel bleu sans nuage et des températures plus qu’agréables, sinon … j’aurai bie été capable de couper net mon ordi après les premiers commentaires de AM et les premières photos!!! Salut les stars, les riches, jeunes mariés ou mafieux russes! Comment faut-il vous appeler??? Bienheureux en tous cas.

  2. ”Nous partons pour Bora-Bora demain matin” tu pouvais pas trouver pire comme phrase de fin :)
    Magnifique article encore une fois !
    Tout le monde t’envie et parle de toi ici à Mouscron city !
    Gros bisouuuus les amoureux !

  3. Comme vous de la chance de voir tout ça! Thomas ,ton article est très bien fait et nous enchante !les photos sont très belles …et donnent envie . On vous embrasse bien fort .

  4. Etre à Bora-Bora par procuration ,c’est déjà pas si mal… Vous nous faites rêver!Bises

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