Nouvelle Zélande aux couleurs de l’automne

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Ca y est, on a enfin quitté l’Asie et à l’heure d’écrire ces lignes, cela fait exactement une semaine que nous goûtons aux plaisirs de la Nouvelle Zélande. Apres un trajet interminable de plus de 42 heures, qui nous aura vu passer deux nuits dans les aéroports, nous avons posé pied dans la région Pacifique Sud du globe. Première grosse différence, évidemment, la température. Nous quittons Kuala Lumpur et ses 34 degrés et en perdons plus de 20 en chemin! Il est 8h00 du matin quand nous récupérons notre campervan dans le centre de Christchurch et il fait à peine 10 degrés. Normal, c’est l’automne ici, dans l’hémisphère Sud, où les saisons sont inversées par rapport à l’hémisphère Nord.

Anne-Marie a l'aéroport de Christchurch

Notre superbe Toyota Hiace de 1999 nous attend sur le parking, tout propre et prêt à affronter les routes néo zélandaises pour une énième fois. Petit regard au compteur kilométrique: 498076 km. C’est parfait, on aura l’honneur de passer la barre des cinq cent mille bornes! Le plan est d’effectuer une boucle de 3000km autour de l’ile du sud, le tout en trois semaines, avant de prendre un avion pour Auckland dans l’ile du Nord.

Apres maintes recherches, nous avions décidé de porter notre choix sur la compagnie Wendekreisen. Ca sonne pas très Néo-Zélandais ce nom, c’est normal, ce sont des allemands. Installés sur place depuis plusieurs décennies, ils se sont bâti une bonne réputation pour la location des mobil homes et autres campervans. On a réussi à obtenir une super offer. 23$ par jour pour la location du van, ainsi que 16$ pour l’assurance. Soit un total de 39$ (24€) par jour. Un bon plan, encore un! Cela nous permettra d’économiser un peu sur l’essence, vendue à prix d’or! Le van est parfait. Trois places à l’avant, autoradio USB, évier, armoires de rangement, gazinière, frigo et une table équipée de deux banquettes confortables qu’on transforme facilement en grand lit double une fois la nuit tombée. On a également une arrivée de gaz ainsi qu’un réservoir d’eau de 60L et une pompe automatique pour l’évier.

Il y a même une toilette portable mais jusqu’à présent on a préféré s’en passer. Les Néo-Zélandais étant très stricts au niveau des règles de camping, cela nous obligerait à transporter nos “besoins” avec nous. Non merci. On se doute bien qu’il y en a qui le font et qui n’ont aucun problème à le faire, mais tant qu’on arrivera à trouver des WC en chemin, la toilette portable restera vierge.
On ne passa que quelques heures à Christchurch, le centre-ville étant fermé au public en raison des nombreux chantiers et restaurations de bâtiments, liés au tremblement de terre qui dévasta la ville l’année dernière faisant plus de 180 victimes.

On a d’ailleurs entendu dire que la terre trembla quelques heures avant l’arrivée de notre vol !

Le temps de faire quelques emplettes (bouffe, vin, produits de nettoyage, etc..) ainsi que l’achat d’un power inverter qui, une fois branché sur l’allume cigare, nous permettra de recharger les batteries de l’ordinateur et des appareils photos, nous partons vers le sud en direction de Rangitata, pour notre première activité-aventure : 2h30 de rafting sur les eaux glaciales d’un des nombreux glaciers de la région des Alpes du Sud.
La chance est avec nous car le soleil est de la partie. En chemin, on découvre les premiers paysages. L’automne prend vraiment tout son sens en Nouvelle-Zélande. Les feuilles des arbres filent du pourpre au jaune en passant par l’orange, les plaines sont verdoyantes, et les montagnes en arrière-plan se contentent d’achever le tableau.

La nature est Reine et le calme est sa couronne. L’air est d’une pureté infinie, à l’opposé de l’Inde où les odeurs étaient omniprésentes, voire oppressantes.

On s’arrête en chemin pour notre premier repas. Quel plaisir, après plus de quatre mois sur la route, d’enfin pouvoir préparer nos propres plats. De croquer dans une baguette jambon/brie, d’y ajouter de la moutarde et de trinquer sur un verre de Sauvignon Blanc ! Evidemment le budget n’est pas le même mais grâce aux magasins Pak ‘n Save, l’équivalent d’Aldi/Lidl chez nous (quoiqu’avec + de grandes marques), on arrive à s’offrir de la bonne bouffe pour pas trop cher.

On passa notre première nuit à la lisière d’une forêt. Dès les premiers jours, on a pris la décision de passer 2-3 nuits dans la nature (gratuitement), suivi d’une nuit dans un camping (payant). Ceci afin d’économiser au maximum mais aussi de profiter de douches chaudes et de l’électricité de temps en temps.

Arrivés au camp de rafting de Rangitata, nous sommes accueillis par des kiwis (surnoms des néo-zélandais) débordant d’énergie. Ils nous offrent le café/thé et Thomas en profite pour taper dans la balle en attendant que les autres participants (arrivant en bus de Christchurch) nous rejoignent.

Une fois le briefing terminé, notre groupe (une quinzaine de jeunes et moins jeunes) se dirige vers les vestiaires afin de s’équiper. T-shirt thermo, sous-pulls, combinaison et veste coupe-vent.

On a bien chaud mais ca sera nécessaire pour affronter les eaux du glacier ainsi que les vagues et les rapides classés niveau 5 (le maximum possible, la classe 6 étant impraticable, au risque d’y laisser la vie). On se retrouve dans le même raft que deux anglais et un sud africain, en visa vacances travail, ainsi qu’un couple de kiwis. L’ambiance est géniale, notre guide Dan sort des blagues à tout va, le ciel est bleu et le soleil est de la partie.

On s’apprête à descendre une des rivières qui servit de lieu de tournage à Peter Jackson pour son film le Seigneur des Anneaux ! L’eau est transparente mais glaciale. Dan nous explique les différentes techniques et les positions à adopter sur le raft afin de dompter les rapides de la meilleure des manières. Thomas s’installe à l’avant avec Rusty, le Sud-Africain. Premiers rapides de classe 3 et premières grosses vagues. L’eau est vraiment glaciale. Dan nous fait remarquer qu’on ne tiendrait que 10 secondes dans l’eau, sans combinaison, avant de tomber en hypothermie.

Quelques minutes plus tard, on affronte notre premier classe 5. Une chute de plus de 3 mètres. Et des énormes rochers se dressant droit devant nous au centre de la rivière. On s’en sort bien mis à part Thomas et Rusty qui, à l’avant du raft, n’auront jamais avalé autant d’eau de leur vie !

On s’arrêta en chemin afin d’effectuer quelques sauts depuis une falaise située à plus de 10 mètres de hauteur. Avec la combi, on arrive à rester un peu moins de 3 minutes dans l’eau. Celle-ci est vraiment transparente, pas de vase ni de boue. Uniquement des cailloux et rochers. C’est la période de migration des saumons et il n’est apparemment pas rare d’en voir parfois remonter la rivière. On n’aura malheureusement pas eu cette chance.

De chance, il nous en aura fallu pour affronter le plus gros rapide de la rivière. Encore un classe 5, de plus de 250 mètres de long! On manqué de peu de faire renverser le raft. Fous rires et cris de guerre, on a vaincu le “monstre”.
Des douches chaudes nous attendent au retour, ainsi qu’un super barbecue. Saucisses, salade, petits pains. Un régal, le tout arrosé de quelques bières.

On quitta le campement en fin d’après midi, afin de rejoindre un endroit de camping gratuit qui nous a été tuyauté par un des locaux. Il se situe à quelques encablures du Lac Tekapo, connu pour sa beauté mais aussi ses sources naturelles d’eau chaude.
On y passera quelques heures le lendemain après-midi.

Un vrai plaisir, face au lac et entourés par les montagnes. Il y a trois piscines et chacune affiche une température différente. C’est sympa pour une heure ou deux (amenez un bouquin!) mais pour Thomas c’est comme la plage, impossible d’y passer toute une après-midi, encore moins une journée entière.

On décide de se lever tôt le jour suivant afin d’effectuer un maximum de kilomètres en direction de Queenstown, la capitale mondiale des sports extrêmes. C’est notre premier jour de pluie, ca n’est donc pas plus mal de passer du temps dans le van à avaler les kilomètres. En chemin on s’arrêta dans un vignoble pour une dégustation. Les vendanges n’ont pas encore commencées. La région est réputée pour son Pinot Noit.

C’est pourtant avec une bouteille de Riesling, un coup de cœur, que nous repartons sous le bras. Qui dit vin, dit forcément fromage. Ah ils sont organisés ces Néo-Zélandais. A peine sortis du vignoble, on aperçoit un panneau annonçant une fromagerie dans les deux prochains kilomètres. Tous les fromages sont locaux et faits à la main. Fromages au lait de chèvre, de vache et de brebis. On craque à nouveau pour un de chaque, ainsi qu’une baguette. Inutile de préciser qu’on s’est régalés.

Arrivés à Christchurch, on décide de s’installer dans un camping payant, le Q Box, situé à une dizaine de minutes à pied du centre-ville. On a décidé de faire l’impasse sur le bungy jump et le saut en parachute. C’est un budget conséquent (environ 400eur par personne avec photos, pour le sauf en parachute) et on préfère garder notre argent pour d’autres activités, notamment en Amérique du Sud. On ne peut malheureusement pas tout faire et il faut faire des choix lors d’un si long voyage où les tentations sont nombreuses. Pas de sports extrêmes donc mais plutôt une autre dégustation.

Thomas a trouvé une offre sur un site Internet. Pour 14$, on reçoit une carte à puce chargée d’un crédit de 30$ nous permettant de gouter une sélection de plus de 80 vins différents, la plupart néo-zélandais (notamment des pinots noir/gris de le region d’Otago et des chardonnay et sauvignons de la région de Marlborough).

Dégustation de vins a Queenstown

En milieu d’après-midi, Thomas a pris contact avec Julien Claeys, un Mouscronnois arrivé il y a moins d’un mois, en visa vacances-travail pour 1 an. Apres avoir fait les présentations, Anne-Marie s’en alla regarder un match de rugby local, pendant que Thomas et Julien se retrouvaient autour d’une bonne bière.

Une des nombreuses brochures offertes gratuitement à l’office du Tourisme proposait un coupon de 5$ pour une mise à la roulette du casino de Christchurch. Il n’en fallait pas plus pour que Thomas se retrouve à l’intérieur. En moins de 2heures, il transformait 100$ en 250$ à la roulette et au blackjack.

Anne-Marie et un jeton de 100 dollars

Génial se dit-on…. jusqu’à ce qu’on rentre au van pour préparer le repas du soir. Apres s’être bien rempli le ventre, nous sortons du van pour fixer l’arrivée d’électricité du camping, afin de faire tourner le chauffage d’appoint durant la nuit. Mal nous en a pris. La porte coulissante du van se referme derrière nous, laissant à l’intérieur les deux (!) trousseaux de clés. Anne-Marie s’en va directement à la réception pendant que Thomas essaie, en vain, d’ouvrir toutes les portes et fenêtres. A son retour, Anne-Marie annonce la couleur : 120$ pour faire venir un serrurier ! Dans ces cas-là, même si on se doute bien que c’est la seule solution (à moins de casser un carreau ou d’avoir son diplôme vol de voitures) sera de faire venir le serrurier, on ne peut s’empêcher d’essayer tous les moyens possibles, même les plus débiles, pour ouvrir ce maudit van : le secouer en espérant que le bouton se débloque, faire sauter un des joints en caoutchouc avec une pièce d’un dollar, tirer sur une des fenêtres coulissantes afin d’y faire passer une tige en métal. Rien n’y fait. On se résout à appeler le serrurier. La malchance continue, pas de réponse au téléphone. Apres plusieurs appels et messages laissés sur le répondeur, on finit par épuiser tout notre crédit d’appel.

Entre-temps, le réceptionniste du camping rentra chez lui. Pour bien situer, il est 22h00, il fait complètement noir, nous sommes au milieu d’un camping, il n’y a personne, la réception est fermée, il fait environ 5 degrés dehors, nous sommes en t-shirts, la musique joue « Start me Up» des Rolling Stones sur le MacBook à l’intérieur et nous n’avons plus de crédit pour appeler le serrurier qui, de toute façon, ne répond pas.

SUPER.

Dans ces cas-la de toute façon, il n’y a pas dix mille solutions. On appelle la police. 911 en Nouvelle Zélande pour les situations d’urgences. Nous sommes transférés à la police du coin qui se montra relativement compréhensive et se chargea de nous trouver un autre serrurier.

Finalement celui-ci arriva vers 23h et parvint en deux minutes à ouvrir la porte au moyen d’une pochette gonflable et d’un grand crochet.

On en rigolera sans doute dans plusieurs années mais sur le coup, ca fait mal. Heureusement que les gains du casino étaient là !
Le lendemain nous quittons Queenstown pour Te Anau et Milford Sound, un des joyaux de la Nouvelle Zélande situés dans la terre des fjords. 5 heures de route aller et 5 heures retour mais ca vaut vraiment le coup. S’il fait beau, on vous réserve des super photos. D’ici-là, portez vous bien et rappelez-vous qu’ici aussi, il fait froid !

La charmante ville de Frankton

Début de soirée dans le Canterbury

5 thoughts on “Nouvelle Zélande aux couleurs de l’automne

  1. Avec Toyota, bien plus que 500.000! Et si facile à cracker, une fourchette et un fil de fer!
    C’est pour nous consoler que tu dis qu’il pleut là-bas? Difficile à croire à voir les photos.

  2. He beh

    Ya pas a regretter ton échange d’objectif mine de rien!!!
    A voir ces photos, on respire l’air pur devant son PC!!! Trop bien
    J’irai un jour c’est sur et même plus vite que prévu :-)

    Nous on par demain pour KL et 3 jour après sur l’île de bornéo pour visiter quelques parc nationaux!!! J’espère voir la plus grosse fourmi de ma vie là bas!!!

    Tu écris vraiment bien en tout cas, j’aurais du mal a écrire autant, je sents que le livre est proche dude!!!!!

    Bises à vous deux

    Marine et Ju

    Je vois que tout roule pour vous,

  3. tres bel article ! j’ai deja hate de lire le prochain !!
    Gros bisous a vous deux !

  4. great pics Tom!

    I can’t believe you did not know the “inflatable bag and the hook” trick!! :) that’s a classic! hehehehehehe

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