Retour à l’école, au Nicaragua

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Enfin des nouvelles !

J’ai ouï dire que certains d’entre vous étaient restés sur leur faim ces dernières semaines (dont un certain B.Vdb pour ne pas le nommer) en raison du peu d’articles publiés sur le site. La raison principale de cette pénurie est la suivante: Nous avions pour objectif de passer trois semaines au Nicaragua afin de suivre des cours d’espagnol, ceci afin d’améliorer notre maitrise de la langue avant d’attaquer nos deux derniers mois de voyage en Amérique du Sud. Nous avons donc très peu bougé, nos journées étant bercées au rythme des cours le matin et d’activités organisées par l’école l’après-midi.

Mais reprenons d’abord depuis le début.

Le Nicaragua, situé en Amérique Centrale, ne faisait à la base pas partie de nos plans de voyage. Ce n’est qu’au cours de rencontres avec d’autres voyageurs, et des heures passées sur le forum du Lonely Planet, que nous avions envisagé la possibilité de nous y rendre.

Et ceci pour deux raisons liées au budget :

La première, le prix du billet d’avion. Il s’avéra moins cher d’acheter un vol direct de Los Angeles à Lima (Pérou) que d’effectuer le même trajet avec une escale en Amérique Centrale.

La seconde était le coût des leçons d’espagnol au Nicaragua. Moins de 5€ de l’heure pour un cours particulier 1 prof/1 élève.

Nous avons finalement jeté notre dévolu sur un vol combiné LosAngeles-MexicoCity-SanJosé (Costa Rica) avec la compagnie AeroMexico. Pourquoi le Costa-Rica me direz-vous, alors que le but était de passer 3 semaines au Nicaragua ?
Encore une fois, le prix. Il était environ 250€ moins cher de relier San José, la capitale du Costa-Rica, que Managua, celle du Nicaragua.

Nous prendrons ensuite un bus afin de passer de l’un pays à l’autre, pour un peu moins de 30eur par personne. Economie réalisée : (250*2)-(30*2)= 440eur. Durée du trajet : un peu moins de 10 heures. Le bus voyageant de nuit, cela nous permit également d’économiser une nuit de logement.

Le trajet s’est passé relativement sans encombres, mis à part à la frontière entre les deux pays ou nous avons du sortir deux fois du bus afin de faire la file ; d’abord du coté Costa Ricain, afin de recevoir le « tampon de sortie » dans notre passeport, puis pendant encore une heure de l’autre pour une fouille des bagages. Un truc qui marche souvent : mettre des vêtements sales en haut du sac à dos et le signifier directement au douanier. Cela permet d’en finir assez vite et de remonter rapidement dans le bus afin d’éviter une longue attente en plein soleil.

En chemin nous apercevons l’ile d’Ometepe, la plus grande ile entourée d’eau douce au monde, au milieu du lac du Nicaragua. Voici une photo du volcan Concepción, le plus grands des deux volcans compostant l’ile et culminant à 1610m

Volcan Concepcion

Quatre heures plus tard nous arrivons à Managua, la capitale. Ce n’est pas notre destination finale car c’est à León que nous avions décidé de poser bagages pendant 3 semaines pour suivre nos cours. Le terminal des bus est situé dans un des endroits les plus dangereux de la ville. Heureusement Carlos, le chauffeur de l’école, est bien au rendez-vous et nous attend à la sortie. Le Nicaragua étant, statistiquement, l’un des pays les plus surs d’Amérique Centrale, les rues de Managua ne restant pas moins fort dangereuses, surtout la nuit, pour qui aurait la mauvaise idée de s’y aventurer. Les kidnappings express sont monnaies courantes et plusieurs dizaines de touristes ont déjà été pris au piège ces dernières années. Voici comment cela se passe : un ou deux touristes (préférablement un couple) montent dans un taxi et indiquent leur destination au chauffeur. Quelques kilomètres plus tard, celui-ci s’arrête et deux personnes montent à bord (il est normal de partager un taxi au Nicaragua). Ceux-ci sortent alors une machette et menacent les touristes. Ils leur bandent les yeux et les emmènent faire la tournée des distributeurs de billets, les ayant précédemment forcés à dévoiler leurs codes secrets. Devant un refus, les assaillants peuvent se montrer violent, il est évidemment conseillé de coopérer. Une fois les comptes à sec et/ou les limites de crédits atteintes, les touristes sont laissés sur le bord de la route, bien souvent en dehors des villes, avec assez d’argent pour reprendre un bus. Une expérience traumatisante.

Heureusement rien de tout cela ne nous est arrivé et après avoir parlé à de nombreux locaux et expatriés, il semble que la pratique semble être presque disparue. Une bonne chose dans ce pays corrompu (le septième au monde, dirigé de main de fer par Daniel Ortega, surnommé « le petit dictateur ») où une plainte à la police est aussi utile qu’un cendrier sur une moto.

Apres avoir fait la connaissance de Carlos (avec nos 3 mots d’espagnol… mucho gusto, muy bien, gracias) nous partons en direction de León. Trois coins de rues plus tard, deux policiers à moto forcent Carlos à s’arreter. On stresse un peu mais Carlos nous répète « tranquillo, tranquillo » plusieurs fois.

Policia

Carlos sort du véhicule et commence à discuter avec les agents. Ceux-ci exigent d’abord son permis de conduire, puis Carlos leur explique la raison de notre présence. Quelques minutes plus tard on voit Carlos sortir son portefeuille et tendre plusieurs billets aux policiers. Il remonte alors dans le véhicule en jurant tous les diables : « Banditos, banditos ! »

Plus de peur que de mal. Cela donne un premier aperçu de la corruption dans ce pays.

Une heure de route plus tard, après avoir longé l’immense lac de Managua, nous arrivons à León. Carlos nous dépose directement à l’école, c’est là que nous faisons connaissance de Rolando, le Directeur de la Dariana Spanish School. Il nous explique comment les journées se dérouleront, nous donne une carte de la ville et prend le temps de nous expliquer les différents endroits intéressants. Nous avions dans un premier temps opté pour une combinaisons « logement en famille + cours d’espagnol » mais avons finalement changé d’avis au dernier moment, préférant rester dans une auberge, afin de pouvoir cuisiner et d’avoir nos propres horaires, afin par exemple de ne pas déranger la famille en cas de sortie nocturne. Ceci se faisait malheureusement au dépend d’un apprentissage plus rapide de la langue, mais nous étions bien décidés à faire des efforts.

Nos journées se déroulent donc comme suit : Quatre heures de cours le matin, dans les locaux de l’école. Deux heures de grammaire/vocabulaire suivies d’une pause de 15minutes, puis deux heures de conversation et d’exercices. Le professeur de Thomas n’est autre que Rolando, le Directeur. Au cours des trois semaines de cours d’espagnol, Thomas a eu la chance de recevoir beaucoup d’explications et d’anecdotes sur l’histoire et la culture du Nicaragua, telles que la Révolution Sandiniste.

Rolando

Anne-Marie quant à elle se retrouva, à son grand bonheur, en compagnie de Jessy, qui l’emmena directement au marché afin d’y découvrir les produits locaux et autres fruit & légumes.

Anne-Marie & Jessy

Chaque après-midi, différentes activités furent organisées par l’école. Visites de musées (celui de Ruben Dario, poète mondialement connu – sauf par nous, évidemment – figure emblématique de l’histoire de pays ou encore le musée des Arts et celui de la Révolution), cours de salsa, visite de la Cathédrale de León, la plus ancienne d’Amérique Centrale, après-midi à la plage, etc…

Place centrale de Leon et la Cathédrale en arrière-plan

Plage de Las Penitas

Rue typique de Leon aux façades colorées

Employé du musée de la Revolution

Voilà donc comment se passaient nos journées. Ceci explique en partie la raison pour laquelle nous n’avons pas pris la peine d’écrire lors de ces trois semaines. Une autre raison, la principale selon nous, est la chaleur. De tous les pays visités jusqu’ à présent, c’est DE LOIN au Nicaragua que nous avons eu le plus chaud. Le concept de « la siesta » n’a jamais aussi évident qu’ici. C’est bien simple, presque personne n’est dehors l’après-midi, il fait trop chaud et humide. Pire qu’en Inde ou même en Australie. Autant dans le Sud de l’Inde, Thomas transpirait beaucoup et Anne-Marie très peu, autant au Nicaragua c’était pareil pour les deux. En Inde, il nous arrivait de nous demander comment était-ce possible de transpirer autant, alors que les locaux ne transpiraient pas une goutte ! L’habitude, sans aucun doute.

Au Nicaragua, même les locaux transpirent, c’est dire ! Rolando avait l’habitude de donner ses leçons muni d’un petit mouchoir afin de régulièrement s’essuyer le front. D’ailleurs il me revient une anecdote racontée par Rolando lors de la deuxième semaine de cours. En 2007, une vague de froid s’est abattue sur le Nord du pays. La température est descendue jusqu’ à 15°C (!) pendant quelques jours. Rien de bien inhabituel chez nous en Europe. Pourtant, durant ces quelques jours, trois personnes sont mortes et les quelques hôpitaux de la ville étaient envahis de malades atteints de bronchites et autres infections respiratoires en tous genres. Quand il fait moins de 24°C, les locaux enfilent même une veste.

Voilà pourquoi nous étions fortement limités au point de vue sorties. Heureusement en soirée la température tombe de quelques degrés et bien qu’il fasse encore assez chaud que pour transpirer à grosses goutes, assis à la terrasse d’un bistrot, il est facile de se rafraichir en buvant une ou deux Toña, la bière locale, vendue pour environ 20 cordobas (1Eur = 30 cordobas) ou encore un verre de Flor de Caña, l’un des meilleurs rhums au monde, servi sur quelques cubes de glace.

Una cerveza MUY frio, por favor !

Nous avons passé quelques bonnes soirées en compagnie de plusieurs étudiants de l’Université de León, locaux et européens. Nous avons également réussi à suivre les matches de l’Euro de football, sur l’écran géant du bar Barbaro, ou celui de la guesthouse. Nous manquions généralement le premier match, dont le coup d’envoi était donné à 10h du matin, mais nous dépêchions, une fois les cours d’espagnol terminés, pour rejoindre le bar le plus proche afin de ne pas manquer le second match programmé à 12h45.

Lors de notre second weekend, nous sommes partis tôt le matin en direction du Cerro Negro, un des nombreux volcans situé non loin de la ville. C’est le plus jeune volcan d’Amérique Centrale, sa première éruption ayant eu lieu en 1850. Il a connu environ 23 éruptions, ce qui en fait le volcan le plus actif du Nicaragua. Sa dernière éruption a eu lieu de 1999. Statistiquement, il entre donc en éruption tous les 8 ans. Il est donc un peu en retard. Forcément, on se pose des questions quant à notre sécurité avant de commencer à grimper. Heureusement, les compagnies offrant ce genre d’activités se renseignent tous les jours auprès de la station sismique locale, qui étudie l’activité du volcan en temps réel ainsi que grâce à plusieurs satellites américains.

Nous voilà donc partis, tôt le matin, en direction du volcan. Un 4×4 vient nous chercher à 6h du matin, quand les températures sont encore clémentes. Apres un petit passage au marché local afin d’y acheter de l’eau et des fruits, nous prenons la route du volcan, en passant par la campagne locale, où nous avons pu nous rendre compte de la pauvreté et des conditions de vie des habitants du pays.

Maisons locales

Cochons domestiques

Le Nicaragua est le deuxième pays le plus pauvre d’Amérique Centrale, devancé de peu par Haïti.

Petite ferme de campagne

Arrivés au volcan, nous commençons la marche, après avoir été équipés de notre planche de surf en bois. Car oui, la raison principale de notre venue ici est la pratique du Volcano Boarding, ou « descente de volcan en luge » ! Un des seuls endroits au monde où cette pratique est possible sur un volcan actif !

En chemin vers le cratere

Apres une bonne heure et demie de grimpette (et de nombreuses pauses), nous arrivons en haut du cratère. La vue est superbe et surplombe toute la campagne. On peut même y voir, au loin, l’Océan Pacifique, ainsi que d’autres volcans plus importants.

Vue depuis le sommet

On ne verra malheureusement pas de lave au fond, juste une légère fumée grise. Le sol est chaud, même très chaud. Miguel, notre guide, creuse un trou d’une vingtaine de centimètres de profondeur et ramasse une poignée de cailloux. Un mélange de terre et de cendres. C’est brulant, on peut à peine le tenir en main !

Apres avoir pris quelques photos, nous enfilons notre combinaison « tortue ninja » ainsi que nos lunettes de protection.

Miguel nous explique comment s’asseoir et freiner, au cas où… La pente est raide et vertigineuse. L’ancien record du monde de vitesse, réalisé en VTT, était détenu par un français, Eric Barone. Il a été battu l’année dernière par Markus Stöckl, un autrichien. Vitesse : 164,95 km/h !! Il ne faut pas avoir froid aux yeux ! Ca donne une idée de la pente qui nous attend…

Anne-Marie prête a descendre

Anne-Marie est descendue en premier, à son aise et doucement, afin de ne pas se faire mal. Notre assurance de voyage ne prend en effet pas en compte les activités « extrêmes ». Thomas s’est laissé aller plus vite, tout en freinant un peu avec ses pieds, afin de quand même assurer. Vous pouvez visionner la vidéo ci-dessous.

Au final, beaucoup de fun et énormément de cendres dans le visage, les cheveux et le cou. Le tout bien collant grâce à la chaleur et l’humidité ambiante. Vite une douche en rentrant ! C’étant sans compter sur les aléas de la vie au Nicaragua. A peine rentrés à la guesthouse, nous nous précipitions vers la salle de bains. PAS D’EAU. Génial. Il nous faudra attendre plus de quatre heures avant que l’eau courante soit rétablie dans la ville ! Sur le chemin du retour, nous avons pu apprécier un petit élevage d’iguanes, ca donnait une impression de Jurassic Park.

Jurassic Park

Notre dernière semaine au Nicaragua s’est déroulée de la même manière que les précédentes, sans les activités de l’après-midi. Nous conseillons vivement l’école Dariana pour la qualité de son enseignement et bien que nous soyons encore bien loin d’un niveau « courant » d’espagnol, nous arrivons maintenant à demander notre chemin, lire un menu et commander un plat au restaurant ou encore tenir un bout de conversation avec des locaux.

Lors de nos derniers jours au Nicaragua, nous sommes passés par la plus ancienne ville coloniale d’Amérique Centrale, Granada. Une ville très prisée par les retraités américains. Le cout de la vie étant encore très bas, c’est une occasion unique d’acheter une grande maison ou d’y faire construire une villa avec piscine afin d’y passer ses vieux jours. On y a passé trois jours de relaxation totale, dans une chouette petite guesthouse tenue par un Breton, Boris, installé ici depuis plus de 7 ans et marié à une habitante locale.

La chaleur étant toujours aussi présente à Granada qu’ à León, Anne-Marie en a profité pour nous trouver une grande piscine dans un Hôtel & Spa de la ville. Pour 5$ l’entrée, nous avions un droit d’entrée et de sortie illimité durant toute la journée. Parfait pour passer quelques heures à visiter ou manger un bout, avant de faire un petit plongeon. Thomas en profita pour organiser la visite du Machu Picchu au Pérou qui nous attend dans 1 semaine.

Cathédrale de Granada

Deux soirs de suite, nous nous sommes fait plaisir dans un restaurant-grill local qui nous avait été recommandé par Boris.

Centre de Granada de nuit

Une véritable merveille, un peu hors budget quand même, à 40$ pour deux, mais quel plaisir !
Entrecôte de bœuf nature & saignante pour Anne-Marie, la même chose mais à point & sauce Jalapeños pour Thomas, accompagnées de deux énormes salades, et le tout arrosé de deux grandes bières bien fraiches. Un délice, cela faisait tellement longtemps que nous n’avions plus mangé de tels morceaux de viande.

Nous reprenons le bus le dernier jour en direction de San José. Trois vols nous attendent. San José – MexicoCity , Mexico City – Lima et Lima – Cusco.

A l’heure d’écrire ces lignes, nous sommes bien arrivés au Pérou et avons meme déjà commencé à rédiger le prochain article qui devrait paraître dans les prochains jours, une fois la traduction anglaise effectuée.

3 thoughts on “Retour à l’école, au Nicaragua

  1. Hey you guys!
    Now that I have spent so much time looking into your budget sheets from Asia I thought I’d give you a small piece of advice in regards to Cusco: Make sure to take a walk to the Christ statue (bad copy of the one in Rio)- but the view of the beautiful city is stunning up there. Enjoy Machu Picchu – it is the most amazing experience EVER.
    BR/
    Marianne

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