Retour dans la Jungle

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Le temps de dire adieu à Sipadan et ses eaux turquoise, nous reprenons le bateau en direction de la MAINLAND. Le trajet en bateau fut plus long qu’ à l’aller en raison des nombreux arrêts réparation effectués en chemin par l’équipage sur le moteur. Arrivés à Semporna, nous effectuons le check-in au Sipadan Inn. Eau chaude, airco et pour pas cher. Le luxe après quelques jours sur Mabul. Notre bus pour Sepilok part le lendemain à 7h30 mais cela ne nous empêcha pas de se faire un petit resto à 4 autour de la dernière bouteille de rouge ramenée par François et Valentine.

Arrivés à Sepilok le lendemain matin après 4h30 de bus, nous nous arrêtons à la Junction 14 et arrivons chez Uncle Tan, à 250m de là. Apres avoir payé et pris notre repas de midi, nous recevons un briefing sur les trois jour que nous nous apprêtons à passer dans la jungle.

Pas le temps de chômer, on enchaine directement par 1 heure et demi à l’arrière d’un pickup, suivi d’une heure de pirogue jusqu’au camp. En chemin, la chance est au rendez-vous : notre guide repéra un orang-outang, haut perché sur une branche. Malheureusement, la pluie est également au rendez-vous. Des torrents d’eau se déversent sur nous lors de la dernière demi-heure.

Thé, café et biscuits nous attendaient à l’arrivée au camp. Le temps de se réchauffer un peu, le staff nous dirige vers nos huttes contentant chacune 3 matelas doubles ainsi qu’un filet contre les moustiques. L’électricité n’est disponible qu’entre 18h et minuit via un petit générateur, afin de recharger les batteries des caméras et appareils photos. Pas d’eau courante non plus. L’eau est pompée directement depuis la rivière et la douche se prend au moyen de seaux d’eau. J’y reviendrai plus tard ! C’est basique mais suffisant pour 3 jours dans la jungle.

On nous a également conseillé de ne pas laisser de biscuits, bonbons, chips, ni médicaments dans la chambre car cela attire fortement les petits rongeurs une fois la nuit tombée. Les rats plus particulièrement, font des trous énormes à travers les sacs à dos !

De retour dans la pièce commune et après avoir pris notre repas du soir, nous partons vers notre premier safari en pirogue. Il est 20h et de nuit, la majorité des primates dormant plus à l’intérieur de la jungle, c’est plutôt les oiseaux qu’on cherche ce soir sur les bords de la rivière. Apres avoir effectué un bon kilomètre, on aperçoit deux yeux briller dans l’eau. Un crocodile ! Presque immobile. Pas le temps de sortir l’appareil, il replongea à notre approche.

En plus du croco, on aura aperçu plusieurs martins-pêcheurs, quelques aigrettes ainsi que de jolis calaos (voir photos, dont celle des calaos, prise de jour).

Martin-Pêcheur

Calaos

Pendant la nuit, Thomas se réveilla a plusieurs reprises pour siffler et tousser en raison des ronflements du hollandais avec qui nous partagions la chambre. Comme si ça n’était pas assez difficile de s’endormir, avec tous les bruits des alentours (insectes, rongeurs sur le toit, etc..)

Réveil à 6h. Safari en pirogue, PART TWO. La gueule dans le c**, on embarque dans notre pirogue. Cette fois-ci à la recherche des primates qui, eux, ont eu une nuit bien plus longue que nous et s’éclatent déjà dans les arbres. Singes proboscis, gibbons et macaques (la mafia de la jungle comme les locaux aiment les surnommer). On repéra également deux aigles, et toujours des martins-pêcheurs et calaos. La jungle de cette partie de Bornéo faisant de plus en plus place aux plantations de palmiers, on commence à se rendre compte que beau nombre d’animaux ont quitté les environs depuis bien longtemps. C’est d’ailleurs le cas des éléphants pygmées, qu’on apercevait régulièrement il y a quelques années, nous apprend notre guide Lan.

Apres le ptit déj, place au match de foot. Malaisie vs Reste du Monde. Un danois, un canadien, un belge, un français et un malaisien au but pour nous, faute de nombre. Les Malaisiens sont dingue de foot. Manchester United et Liverpool, principalement. Les buts s’empilent, des deux cotés. Transpiration intense pour tout le monde. Il est 10h, il fait presque 30 degrés et l’humidité n’est pas loin des 100%. Pas de gagnant mais une bonne dose de sport.

Thomas transperçant la défense malaisienne

10h30. Place au trek.

« Pardon ??? »

Le premier trek de la journée se profile déjà. Mais « trek » est un grand mot ici chez Uncle Tan. C’est plutôt une petite ballade tranquille de 2h. Départ en pirogue. Vingt minutes plus tard, nous débarquons dans une zone marécageuse. Super, Thomas et François sont les deux seuls en baskets, les bottes fournies par le staff étant trop petites pour eux. On s’enfonce directement d’un bon 30cm. Il n’en faudra pas plus pour qu’on commence une bonne vieille bataille de boue. Durant toute la durée du « trek », notre guide donna nombres d’explications sur la faune et la flore, ainsi que sur les conditions de survie dans la jungle, pendant qu’à 5m de là, Thomas et François passaient à l’artillerie lourde. Ca a empiré au fur et à mesure de la marche, pour finir complètement couverts de boue.

Au retour, le staff resté au camp hallucinait. On leur a fait croire qu’on s’était fait attaquer par des singes. Ca n’a pas marché. On a passé plus d’une heure et demi sous la « douche » à nettoyer nos vêtements.

L’après midi, quartier libre pour tout le monde. Pas pour Thomas et François qui partirent pour une partie de pêche en compagnie du danois et d’un malais.

Le but : attraper le plus de poissons possibles. Le perdant paye les bières ce soir. Apres une bonne demi-heure. La pression monte : Malaisie 5, Belgique 0, France 0, Danemark 0. Lors de la dernière heure et alors que le malais faisait exploser le compteur en sortant un poisson bien plus gros que ses précédents, le danois s’y mettait à son tour. Malaisie 7+1gros, Danemark 1, Belgique 0, France 0. La tension est à son comble entre Thomas et François. Les touches sont fréquentes, mais impossible de remonter le poisson, qui relâche toujours l’hameçon. Thomas se dit qu’il fait honte à son parrain, avec qui il a passé des heures à pêcher sur la cote Belge et en Bretagne, pour peut-être finir humilié sur la rivière Kinabatangan.

« Il n’en est pas question » se dit-il .

Quelques minutes plus tard, un petit poisson-chat vient mordre à son hameçon. Enorme haine dans les yeux de François. L’aiguille tourne, il ne reste plus que 20minutes avant le retour au camp et la promenade en pirogue.

Touche pour François, Arrivera-t-il à le remonter. Oui ! Les compteurs sont de nouveau à égalité, alors que le Danois remonte son 4ème poisson, dans l’indifférence générale.

Mais l’histoire ne retiendra que le perdant. Et c’est François payera la tournée, Thomas sortant un deuxième poisson lors des 10 dernières minutes!

Retour au camp. Le temps de boire un énième thé, nous repartons pour la dernière ballade en pirogue. Durant cette-ci, on aperçût nombre d’oiseaux, quelques singes proboscis, pas d’orangs-outans mais bien un lémurien volant, extrêmement rare, les guides n’en voient qu’un ou deux en moyenne chaque année. Un peu plus loin, on aperçoit enfin un crocodile de plus près, faisant bronzette sur la berge.

Singe Proboscis

Le repas du soir fut préparé dans la pièce principale afin de démontrer certaines techniques et recettes de cuisine Malaisienne.
Un dernier trek de nuit était proposé le soir mais nous avons poliment décliné en raison des conditions du terrain et de la pluie battante. Au lieu de ça, nous passons la soirée avec les membres du staff restés au camp, à jouer de la guitare et chanter autour de quelques bières et d’une bouteille d’alcool de riz artisanal.

La deuxième nuit fut bien meilleure.

Nous sommes réveillés vers 8h00 par une pluie battante, Le foot de ce matin est annulé, terrain impraticable. Le retour au camp de base est programmé à midi. Nous quittons le camp de jungle vers 10h. Il faut faire vite, nous avons un avion à prendre à 14h30 pour rentrer à Kota Kinabalu afin d’y passer notre dernière nuit avant le départ de François et Valentine le lendemain.

Nous atterrissons à KK 30 minutes plus tard. Apres un petit apéro pour fêter le départ sur la terrasse de la guesthouse, Francois et Valentine nous invitèrent au restaurant pour nous remercier d’avoir organisé une petite partie de leur voyage, celle qu’on vient de passer en leur compagnie durant les 10 derniers jours.

Direction Grazie, le seul restaurant italien authentique de la ville. Salvatore, son patron, a d’ailleurs travaillé en Belgique avant de venir s’installer à Bornéo. Les pizzas étaient excellentes, tout comme le carpaccio en entrée et les tagliatelles aux fruits de mer. Quel bonheur après 2 mois et demi à manger du riz et des nouilles. D’ailleurs c’est une des raisons pour lesquelles nous attendons l’Inde est ses délices culinaires, avec impatience !

Salvatore nous offrit le dessert. Il faut dire qu’on lui avait pris deux bouteilles de rouge, dont un Barolo de 2004. Dans un pays à majorité musulmane et dont la population boit très peu, ça ne doit pas arriver tous les soirs.

Nous finirons la soirée dans un pub irlandais, espérant pouvoir regarder le match de rugby Irlande-France du tournoi des 6 Nations. Malheureusement c’est le football qui l’emporte en Malaisie et même dans un Irish pub, c’est priorité au football anglais et Tottenham-Manchester United. Déception pour Anne-Marie. Double déception quand on se rend compte du prix des bières. 7eur pour une Heineken, Non merci. On passa la fin de la nuit à jouer au billard.

Le lendemain, nous disons au revoir à François et Valentine qui retourne à Manille afin de reprendre leur vol pour Paris. Pour eux ça sera retour boulot après-demain. Pour nous, départ pour l’Inde avec le festival Holi. A l’heure où vous lirez ces lignes, nous aurons déjà participé à celui-ci et des photos hautes en couleurs seront en cours d’édition…

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